L’hyperphagie est une maladie mentale handicapante au quotidien. Ces obsessions boulimiques prennent le pas sur l’entièreté de la vie. Mais lorsque cette addiction est enfin contrôlée, le malade est délivré d’un poids intense et douloureux. Il peut réapprendre à manger sainement. Et c’est notamment ce que permet l’hypnose.

Qu’est-ce que l’hyperphagie ?

L’hyperphagie ou polyphagie est un trouble sévère de l’alimentation. Le malade absorbe de grandes quantités de nourriture en une période de temps limité, généralement moins de 2 heures, mais n’éprouve pas de plaisir particulier. C’est une véritable détresse psychologique, car l’hyperphagique ne peut contrôler son addiction. Il s’agit d’une relation émotionnelle à la nourriture, une véritable obsession gérée non par l’estomac, mais par le cerveau.

Les crises hyperphagies interviennent au moins 1 fois par semaine sur une durée minimum de 3 mois. Le malade perd complètement le contrôle et la raison n’existe plus. Il est alors absolument incapable de s’arrêter de manger.

Les causes de la maladie 

Cette passion morbide pour la nourriture peut avoir plusieurs origines :

  • une vulnérabilité génétique ;
  • un rapport complexe à l’alimentation au sein de l’entourage ;
  • une relation problématique avec l’image de soi, son corps et son poids ;
  • une société et un système médiatique qui se focalisent sur la minceur, renforçant un sentiment d’insécurité ;
  • un accès permanent à des aliments addictifs qui incite à la consommation.

La nourriture est alors perçue comme un moyen de soulager la douleur et remplir un vide.

Les déclencheurs de crise 

Avant la crise, la personne est dans une situation d’inconfort émotionnel. L’hyperphagie compulsive se manifeste lorsque celui-ci éprouve de l’angoisse, de la tristesse ou encore de la solitude. Durant la crise en elle-même, l’individu est dans un état dissociatif où il se coupe des pensées et émotions douloureuses.

Pendant un laps de temps, après avoir englouti une énorme quantité de nourriture, le malade se sent alors moins seul et entier. Cependant, les émotions négatives refont surface et sont même accentuées après la crise.

Il ne faut pas confondre hyperphagie et une envie soudaine et irrésistible de manger, qui peut concerner notamment les femmes enceintes durant leurs grossesses ou les femmes ressentant des syndromes prémenstruels (SPM).

Les crises se déclenchent souvent à des moments bien particuliers. C’est notamment le cas le soir, devant la télévision, lorsque les tentations sont les plus fortes ou bien durant la nuit.

Les déclencheurs en eux-mêmes peuvent être de l’ordre d’un état émotionnel négatif, d’une situation difficile, d’un état physiologique et sensoriel faible. 

Les symptômes

Pour être certain d’être atteint d’hyperphagie, il faut en identifier les symptômes.

Les critères d’un diagnostic clinique sont les suivants :

  • manger plus vite que d’habitude ;
  • manger jusqu’à ressentir une satiété inconfortable ;
  • manger de grandes quantités sans avoir faim ;
  • manger en cachette car gêné par les quantités englouties ;
  • se sentir dégoûté, déprimé ou coupable après une crise.

Différence hyperphagie et boulimie

Contrairement à la boulimie, la personne n’aura pas recours à des comportements compensatoires : exercer une pratique sportive excessive, se faire vomir ou prendre des médicaments pour limiter la prise de poids. 

Les conséquences

L’hyperphagie est la pathologie alimentaire la plus courante. Elle touche aussi bien les hommes que les femmes, les adultes ainsi que les enfants. Cependant, il est vrai que les femmes sont les plus souvent touchées : 3,5 % chez les femmes et 2 % chez les hommes. Ces chiffres sont certainement sous-évalués car l’hyperphagie n’a été reconnue comme une maladie psychiatrique que depuis 2013.

Au quotidien, ce trouble empoisonne la vie des malades. Les crises sont régulières et le sentiment de honte est quasi omniprésent. Beaucoup se lèvent souvent la nuit pour aller manger, trouvent des excuses pour se sustenter ou bien mangent en cachette.

Il est d’ailleurs très difficile de se sevrer et d’être en contact limité avec les aliments. En effet, le sevrage alimentaire est compliqué car il est fondamental de manger. Aussi, le traitement est très long et les rechutes sont fréquentes.

Et la maladie a de nombreuses et graves conséquences sur la santé physique et psychiatrique :

  • surcharge pondérale ou développement d’obésité ;
  • comorbidité ;
  • diabète ;
  • hypertension artérielle ;
  • dyslipidémie ;
  • apnée du sommeil ;
  • douleurs articulaires ;
  • maladies hépatiques ;
  • grande détresse ;
  • aggravation du trouble anxieux dépression, etc.

Les traitements alternatifs

Pour soigner cette maladie, il faut que le diagnostic soit posé par un professionnel de santé grâce à un test, pour bien vous conseiller et vous guider.

Également, il est important de suivre une rééducation alimentaire, par le biais de cours collectifs par exemple ou d’échanger via des forums d’aides et des témoignages. Il s’agit d’apprendre à manger sainement et dans de justes proportions.

Il est possible d’associer à ce suivi, une intervention bariatrique, soit une réduction de l’estomac : l’opération Bypass. C’est un traitement drastique qui diminue la taille de l’estomac et permet de réduire les apports alimentaires de manière très importante et ainsi, perdre du poids.

Malheureusement, les rechutes sont importantes. En effet, l’opération n’a aucun impact sur les envies car celles-ci sont psychologiques. Une prise en charge du comportement alimentaire est donc nécessaire pour bénéficier de ce type d’intervention.

Il faut bien penser que la maladie ne peut pas être éradiquée, mais qu’il est tout à fait possible de la contrôler.

L’hypnose pour l’hyperphagie

L’hypnose est une méthode intéressante à explorer lorsque les autres traitements n’ont pas fonctionné.

Elle permet en premier lieu de découvrir et comprendre les raisons qui ont amené la personne vers cette relation toxique à la nourriture. Pour cela, le thérapeute peut notamment utiliser des techniques hypnotiques la plus connue est la régression.

Dans un second temps, l’hypnose donne des clés pour ne plus entrer dans des schémas de pensée nocifs, à l’origine des troubles alimentaires, et réduire le stress ainsi que l’anxiété. L’hypnose apporte de nouvelles croyances bien plus constructives et nécessaires pour adopter une approche saine à la nourriture et au corps. Elle restaure l’estime de soi, élément essentiel pour se libérer des troubles alimentaires.

L’hyperphagie est un désordre psychologique qui affecte le malade au quotidien. Les frénésies alimentaires sont très difficiles à soigner, mais pas insurmontables. L’hypnose peut notamment aider à identifier les déclencheurs, puis permettre de mettre en place des changements alimentaires et retrouver un rapport plus apaisé avec la nourriture.

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